lundi 9 avril 2012

Cuenca

On peut le dire, cette semaine est bénie ! Trois jours de cours pour quatre jours de week-end.. c'est ce qu'on appelle ici la semana santa. Trop bon.
fleur sur la route de Chordeleg
21h, je pars donc avec le dernier bus au départ de Cuenca. Avant de quitter le terminal, un policier entre et filme tout les passagers, puis 20 minutes plus tard dans une station service, d'autres policiers nous demandent de descendre avec nos effets, de leur montrer nos papiers, puis nous fouillent ainsi que nos sacs. Que cherchaient-ils ? J'en ai aucune idée mais au retour, le processus se répétera.
Après un trajet secoué de part et d'autre, je me réveille une dernière fois peu avant Cuenca où l'on arrive vers 6h30. De là, je prends sans trop attendre un autre bus pour les deux villes se situant à une trentaine de kilomètres, Galaceo et Chordeleg. Celle-ci est connue pour sa fine joaillerie tandis que celle-là pour ces fameux chapeaux, nommés à tort, de Panamá.
numéro de maison
Arrivé à Galaceo, je continue à pieds les 4 km jusqu'à Chordeleg croisant de temps à autre de magnifiques fleurs, jusqu'à passer devant une maison arborant fièrement une sorte de casque à deux cornes terminées chacune par une spirale. Un peu plus loin se situe la place du village où le nombre de devantures de bijoutiers fait pâlir l'église aux fines tours qui s'y trouve. Les bijoux exposés semblent corroborer la réputation des joailliers. Le temps de faire un croquis et discuter avec un jeune cireur de chaussures (le temps de ses vacances, il reprendra l'école lundi), je rejoins Galaceo en bus pour faire un tour de cette ville aux chapeaux... chapeaux, mouais... finalement je ne trouve aucune échoppe ni fabrique aux abords du centre ville, m'aurait-on menti ?! Certainement trop absorber par les délicieuses bananes que j'avais acheté, j'ai dû passer sans rien voir... 
Galaceo : coursives de la place de l'église mur au coeur d'expression colorée
Cuenca : rue descendant vers la nouvelle cathédrale (coupoles)
Cuenca : rue typée coloniale
Néanmoins je ne suis heureusement pas en reste, car la place face à l'église à de véritables allures de far-west avec ses coursives en bois et ses palmiers. Un peu plus haut, se trouve un long mur d'expression libre. Le temps de grignoter mes fruits, je suis redescendu à la route névralgique et reprend un bus (50cts pour 30km c'est plutôt honnête !). En chemin, nous repassons devant la vallée où eut lieu le drame de la Josefina en 1993. Un immense écroulement de terre fît un barrage de 120m de haut (400m de long et 800m de large) qui retint l'eau durant 33 jours avant de se rompre et tout emporter sur son passage.
De nouveau à Cuenca, je pars à l'inconnu chercher une auberge tout aussi inconnue qui devrait se situer pas loin de Luis Cordero, un bonhomme inconnu lui aussi... décidément ! (pour notre gouverne, notre ami wiki nous dit que ce fût un ancien président Equatorien.. ça aide à chercher l'auberge). En flânant, on parcours néanmoins une ville aux multiples facettes hétéroclites qui révèlent l'histoire coloniale de Santa Ana de los ríos de Cuenca (réel nom de Cuenca) et sa croissance anarchique des années 1960 à 2000. Cuenca doit être la seule ville à être traversée par quatre cours d'eau majeurs (el Tomebamba, el Yanuncay, el Tarquí y el Machángara) qui se jettent (beaucoup plus loin) dans le fleuve Amazone.
nouvelle cathédrale de Cuenca maison aux murs de torchis ou recouvert de banco 
On notera que si Cuenca est traversée par de quatre cours d'eau, elle abrite en son sein bien plus d'églises et de cathédrales. Venir à Cuenca au moment de la Pascua m'a également permis de vivre d'un peu plus près cette ferveur religieuse. Chaque soir, les églises étaient emplies de fidèles ; et ses alentours de marchands de tous genres. Selon les soirs, y étaient représentées les différentes étapes de la semaine sainte (cène, chemin de croix, mise au tombeau, résurrection). Le dernier soir, je croiserai même une église où ils chantaient la résurrection de Jésus sur l'air de "sound of silence" ! La nouvelle cathédrale est, elle, chapeautée par trois coupoles bleues dont la centrale possède une cloche perchée à plus de 60m. L'admirer d'en bas donne même un certain tournis... ou pour d'autre un certain torticolis.
¿gran artista o payaso genial?
Au bout de nombreuses églises, j'arrive enfin à l'auberge la cigale.. j'étais tellement fatigué que je n'avais pas même fait la relation entre son nom et la nationalité de sa gérante (française) le premier jour. Après mettre un peu reposé, je repars vadrouiller et m'imprégner de la ville. Le soir, cherchant une fanesca (qui ne se mange que les midis), je me rabats sur un délicieux gâteau de riz cuit dans une feuille de bananier accompagné d'une boisson sucrée composée de lait et devinez quoi... de riz !
À la fin de ce premier jour, en sus des églises, on peut noter que Cuenca dénote de Santo Domingo par sa richesse culturelle et artistique. Ça fait du bien d'être enfin dans une ville comportant quelques musées et une vie autre que commerciale et entreprenariale. De nombreux touristes sont également de passage ici.
nuage bleu sur ciel blanc
Le lendemain, vendredi saint, la plupart des transports ne fonctionnant pas, j'avais décidé d'étendre ma visite aux faubourgs sud. Là, je découvre que le ciel de Cuenca est en train de se schtroumpfer ! Vite vite, je fuis sur les hauteurs sud où je rencontre un ancien de Cuenca (il y vit depuis plus de 40 ans), pêchu comme pas deux (!), qui m'entraîne sur ses chemins de traverses. On prend des sentes, il me fait connaître son linemento qui cure tout type de douleur ou presque, le pouvoir anti-cancérigène des roseaux, puis je lui propose de manger une fanesca. Aussitôt dit, aussitôt fait ! Étant qu'à quelques encablures de chez lui, il m'invite et me fait découvrir son eau à base de "tuna" (fruit du cactus) qu'il laisse plus ou moins se dissoudre et me raconte quelques anecdotes sur Cuenca et ce qu'il connaît. Une matinée sensationnelle de passée !
El Cajas : myriade aquatique
Je pars ensuite pour le parc national del Cajas. En chemin, avec le chauffeur de bus on voit passer deux faucons ramenant une branche d'arbre pour leur nid. Ouhh, nous ne sommes plus en ville, je respire mieux :D ! Le parc fermant à 16h30 (je l'ignorai), le garde me conseille un itinéraire assez court mais qui permet de profiter un peu de la diversité des espèces et des paysages. J'aurai même le temps de prendre le temps, avant de devoir courir derrière un bus qui a bien voulu s'arrêter au milieu de la route pour me ramener sur Cuenca.
Je zigzag encore quelque temps dans la ville à la recherche de musée inconnu et trouve un parc comportant des restes archéologiques... ça fera une belle introduction aux ruines de l'ingapirca, même si a contrario de demain, je suis vraiment seul dans ce parc.
El Cajas : forêt d'eucalyptus El Cajas : passage sans gué
El Cajas : lac de Totoras El Cajas : lac de Patoquinuas
Ingapirca : ancien site Cañari puis Inca
Ingapirca : qualité de l'agencement Inca
Dernier jour, après avoir, avec mon compagnon de dortoir, goûté au motepillo au marché du 10 août, je pars pour deux bonnes heures de bus aux ruines d'Ingapircas (mot inca voulant dire : mur de l'Inca). En rentrant dans le bus, je prends peur. J'avais presque oublié l'existence de l'espèce touriste, mais là impossible de nier.. un bus entier de types aux accents plus ou moins marqués. Dur retour à la réalité. Qu'importe, je somnole, fais connaissance avec des espagnols puis par groupe de 15-20 un guide nous fait visiter le site. Le guide, très affable, nous explique que le site en forme de jaguar, était formé de deux autels : l'un pour la lune (provenant du site Cañari, nom du peuple présent avant les Incas), l'autre pour le soleil. Et je veux bien le croire qu'un temple solaire se trouvait ici : il tape si fort que la crème 50+ suffit à peine.
Comme souvent avec les constructions Inca, la précision de celles-ci est impressionnante ! Mais le guide nous révèle qu'une preuve manifeste de la présence de Cañaris ici,se trouve Être le temple Inca en forme d'ellipse. Les Incas n'utilisant jamais le dessin d'ellipse, avaient réutilisé l'emplacement d'un ancien temple Cañari pour construire le leur dédié au soleil. Il nous mentionne également l'existence des axes de communications Incas sur les crêtes non loin où courait les messagers Incas (les chasquis).
Après cette dure épreuve (oui oui !), on (avec le couple espagnol) part goûter la chicha dans la taverne conseillée par le guide : un régal ! Moins forte que celle bue en Bolivie, (surtout moins âpre), et autant savoureuse (voir plus pour notre palais européen). Malheureusement, j'aurai aimé poursuivre jusqu'à la nariz del diablo, mais n'ayant pas le temps, je reviendrai un autre week-end et retourne vers Cuenca pour l'heure.

couché de soleil
Au retour des ruines d'Ingapirca, je pars à un concert de musique traditionnelle andine que l'on m'avait conseillé. Comme clou du concert, le groupe tant attendu par le publique : le groupe proyeccion [ http://www.youtube.com/watch?v=cCddnIpyVyU&feature=BFa&list=PL2C1F7F8409A1F891&lf ] qui jouait également du hard rock avec les instruments traditionnels (!). Super petite soirée avant de reprendre le bus direction Santo Domingo, se refaire filmer et fouiller par les flics. Seule petite différence avec l'aller, ayant demandé au chauffeur l'heure approximative d'arriver (7h), je descends du bus les yeux encore dans le pâté à 6h45 croyant être arrivé. Ehh non !.. ahah, c'est raté, il manquait encore deux heures de route ! Et donc un autre bus pour moi afin d'arriver sur les coups de 9h, frais comme un gardon, à destination et finir de peaufiner les cours de lundi et mardi.

mardi 3 avril 2012

El rincón de la comida

Et voilà, une page qui plaira à Dom ainsi qu'à beaucoup d'autres amoureux de la gastronomie !

L'idée n'est pas de faire un livre de recettes (il existe des sites super bien fait pour cela) mais plutôt donner un aperçu de ce qui se mange en Ecuador en vous donnant le nom "super savant !" ainsi qu'une p'tite photo, parfois (souvent) accompagné d'un ça déchire tooouuuutttt !! Je vous laisserai chercher les recettes sur votre site préféré ensuite [ici un site très bien fait contenant de nombreuses recettes (page du mote pillo) : http://laylita.com/recetas/2008/03/23/mote-pillo/ ].

D'une manière générale, vivant chez une Equatorienne qui cuisine avec des mains de fée, j'ai l'immense plaisir (voir même privilège !) d'avoir une table équatorienne succulente.

Pour vous (re)faire un résumé ultra grossier, les gens mangent énormément de riz, de yuca, de bananes ainsi que des jus de fruits splendides !..

Pour le détail, suivez les images !!

AMUSES-BOUCHE
jugo de papaya & de guayaba, patacones con queso
jus de papaye et de goyave, "patacones" avec fromage
patacones (verde aplastado y frito)
patacones : bananes verte aplaties et frites
pan y bola de coco
pain et boule coco
dulce
patisserie sucrée

PETITS DEJEUNERS

huevos rebueltos con pimienta y tomate, jugo de mango
oeufs revenus avec du poivron et des tomates, jus de mangue
mote pillo: mais, achiote, cebollas verdes, huevos y queso de vaca
mote pillo : mais blanc, achiote (sorte de colorant), oignons blancs, oeufs et fromage de vache

molido de verde
mélange de bananes vertes broyées

SOUPES / ENTREES
crema de coliflor con cangil (pop corn)
crème de chou-fleur avec pop corn
crema de zanahorias con trozos de pollo
crème de carottes avec ses morceaux de poulet

sopa tipica con pasta
soupe typique dont je ne me souviens plus du nom...
sopa de espinaca con queso
soupe d'épinards avec du fromage

PLATS PRINCIPAUX
verduras / bisteck con pechugas de pollo / arroz con tocino
légumes / bifstek avec du blanc de poulet/ riz avec du lard
fanesca (frejoles, pescado) -> plato tipico de la Pascua
fanesca (variétés de pois, poissons) : c'est un plat typique de Pâques

ensalado de aguacate / sango de camarones con arroz
salade d'avocat / sango de camarones (crevettes, bananes, maïs, oignons, poivrons et ail) avec du riz
menestra (fricoles (o frijoles), carne, ...)
menestra (haricots, viandes, ...) (c'est pas vraiment une jardinière)

ensalada de legumbres con mayonesa, salón (o chivo) guisado
salade de légumes accompagné de mayonnaise, ragoût de chevreau
costila de cerdo, papas saltadas, arroz y ensalada de lechuga, aguacate, tomate, pepino, pimienta
côte de porc, pommes de terre sautées et salade de légumes

especie de paella de pollo con maduros fritos
sorte de paella au poulet avecc des babanes revenues
moros y cristianos con maduros al horno, carne y col
riz & lentilles avec des bananes au four, de la viande grillée et du chou vert cru

chuleta de cerdo con ensalda de tomate, zanahoria, arroz y pan con mantequilla
côte de porc accompagnée d'une salade de riz, tomates, carottes et du pain beurré
pollo (muy ricisimo) con lombarda y arroz
poulet trop bon avec du chou rouge et du riz

papas rellenas de queso, menestrel de maiz, zanahoria, guisante y judia en su vinagre, carne y jugo de melon
purée de pomme de terre farcie au fromage, jardinière de maïs blanc, carottes, pois et haricots avec du vinaigre, viande et jus de melon


DESSERTS
Gladys, cordon bleu et son pastel de leche pastel de leche
gâteau de lait

Higo con queso
figues avec fromage
gelatina con jugo de piña y papaya
gélatine avec un jus d'ananas et papaye
ensalada de frutas (manzana, frutillas, uvas, platano, papaya, piña) y su jugo de tomates de árbol (cyphomandra betacea)
salade de fruits (pomme, fraise, raisin, banane, papaye, ananas) et son jus de tamarillo (cyphomandra betacea)
papaya ricisima
superbe bonne papaye
preparacion del postre de la derecha
préparation du dessert à droite
maduro con queso y pasas
banane préparée avec du fromage et des raisins secs
gelatina
gélatine (bien frais, c'est trop bon)

COIN DU P'TIT FRANÇAIS
comme il se doit, quelques plats français sont préparés. Les voici (mais j'préviens, je ne mettrai pas les gâteaux ratés, et autres délices à mettre au rebut... comprenez, l'honneur français.. :D)

pain français salade du p'tit français (huevos, arroz, tomates, queso, aguacates, cebollas, pimienta, remolacha)
(oeufs, riz, tomates, fromage, avocats, oignons, poivron, betterave

brioche

lundi 2 avril 2012

l'effet kiss cool


Humm, comment aborder la première et deuxième semaine de cours ?!..

Disons que le double effet kiss cool permettrait de bien comprendre le truc... tu te prends une bonne rasade d'un bonbec bien sympa et après tu te prends une grosse claque qui te laisse l'air de rien, bien con. Allez, j'raconte mais j'étais quand même bien blazé sur le moment (le détail pour les cours de physique dans un autre poste...).

Tout d'abord, les heures de cours ne sont pas une sinécure. Ils commencent parfois à 7h du matin et certains se terminent à 22h. Aussi, lundi je termine à 22h et commence à 7h le mardi matin... humm ce sont les élèves qui vont être heureux !.
Qu'importe, lundi, premier cours de ma jeune (?) vie professorale : la physique. Marga nous (Enid et moi) avait conseillé de faire une épreuve de niveau afin d'avoir une meilleure vision. Je leur pose trois questions basiques et l'exercice du boulet de canon qui doit atteindre un point donné sans frottement. Aucun n'a réussi l'exercice.. ça commence bien.
Le cours suivant (statistiques) commence à 20h pour terminer à 22h. Les élèves doivent être aussi frais que moi mais qu'importe ils ont droit à leur épreuve de niveau... les meilleurs connaissent la règle de trois, le reste je n'en sais rien mais je vais commencer à revoir le programme prévu, et tout comme eux m'armer d'une bonne dose de patience.
Mardi matin, cours d'expression scénique (théâtre).. il n'y aura pas d'épreuve mais un court questionnaire suivi d'un cours axé sur des exercices pratiques. Je trouve leur réponses dans l'ensemble posées a contrario ils me semblaient un peu réticents ou gênés à s'extérioriser corporellement (Je leur ai fait faire des exercices respiratoires et d'extériorisation de sentiments à l'évocation d'un adjectif ou d'un animal).
Enfin, d'autres classes ont eu le cours de statistiques.. même conclusion.

Les cours suivants (physique & statistiques) se passent plutôt bien selon moi. Cependant, rares sont ceux qui posent des questions lorsque je leur demande s'ils en ont : n'oseraient-il pas ? Cela se vérifie très vite, puisqu'un étudiant de stats vient me voir au troisième cours pour me faire part de ses remarques et suggestions. Je les lui demandes par écrit, et va jusqu'à penser que mes cours ne sont pas préparés (!) puisque parfois je cherches mes mots. Dans un autre cours, je m'aperçois lors de la seconde semaine qu'ils n'ont pas compris les concepts, mais après discussion une jeune étudiante me suggère d'aller moins vite et de faire plus d'exercices d'application. Etant un peu en avance sur le programme, j'accepte et propose (pour chacun des trois cours) de faire une nouvelle passe sur tout ce qui a été vu depuis 10 jours. Cela s'avère payant !

Ceci dit, j'ai vraiment eu l'impression de ne faire que préparer mes cours durant ces deux premières semaines. En semaine, je ne fais que des aller-retour maison-université, comme un véritable "no life", puis ce dernier week-end (31 mars), afin de préparer mes cours je ne suis pas même aller au cratère de Pululahua. Pourvu que ça change !